Nicolas Sarkozy fils de Napoléon? Par Valentin

Publié le par pleindactu

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Nicolas Sarkozy serait il le descendant spirituel de Napoléon? C'est en tout cas le point de vue d'une journaliste française travaillant au Guardian de Londres. Beaucoup d'observateurs étrangers ont en effet, selon elle, pris l'habitude d'associer le chef de l'Etat à Bonaparte, du fait de sa petite taille, et du caractère autoritaire qu'ils lui attribuent.

Cependant, surprise, cette journaliste ne l'associe pas à Napoléon 1er, le plus connu, mais au neveu de celui ci, Napoléon III, qui règna de 1852 à 1870. " Le fait que Nicolas Sarkozy ressemble à cet homme n'est pas une bonne nouvelle". Elle pense en effet que le chef de l'Etat, par ce qu'elle appelle "la culture du clinquant", reprend les thématiques les plus négatives du second Empire. Dés le soir de  son élection, d'abord avec ce diner au Fouquet's, puis sur le yacht de Vincent Bolloré à Malte.

Mais le plus inquiétant, selon elle, c'est l'idéologie de fond que Nicolas Sarkozy partagerait avec Napoléon III, les similitudes entre Nouvelle France et Second Empire. Ainsi, d'après notre journaliste, "Napoléon III, tout comme Nicolas Sarkozy, croyait avant tout en lui même et dans les actes plutôt que dans la morale. C'était ce dont la France avait besoin, pensaient ses partisans - catholiques réactionnaires et nouveaux riches. Il avait un but, convaincre les français qu'ils devaient s'enrichir, afin de résoudre du même coup les problèmes sociaux qui ébranlaient le pays. Il a bâti une politique économique libérale inspirée par ses années d'exil aux Etats-Unis et en Angleterre. La France bascula alors dans le clinquant. les riches bourgeois affichaient leur opulence au nez et à la barbe du peuple. Ses fidèles comptaient sur l'empereur pour veiller à ce que les "petites gens" se tinssent tranquilles tandis qu'eux mêmes devenaient plus riches encore. Enfin sous Napoléon III, la presse n'était libre qu'en théorie et l'autocensure devint alors une seconde nature pour les journalistes..."

La journaliste termine par un avertissement à Nicolas Sarkozy: le peuple a finit par en avoir assez de Napoléon III.
Après sa défaite face aux prussiens en 1871, il s'est révolté pendant le fameux épisode de la commune. L'empereur déchu a du alors s'exiler et le 2nd Empire a laissé place à la 3ème République.
Laissons là les détails historiques pour s'intérresser à l'opinion développée dans cette article. Dans un premier temps il est vrai que Nicolas Sarkozy peut présenter certaines similitudes avec Napoléon III. Je pense ici, par exemple, à la vision libérale de la société.

Mais attention à ne pas aller trop loin dans la comparaison. Cette journaliste omet de préciser les différences fondamentales entre le régime impérial de Napoléon III et la démocratie actuelle dont Nicolas Sarkozy est le président. Celui ci, contrairement à l'empereur, n'a pas tous les pouvoirs ni tous les droits. Quoi qu'il arrive il sera soumis au verdict des électeurs dans 5 ans sans compter les élections municipales et autres qui viendront sanctionner sa politique avant cela. De plus, quoi qu'on en dise, la presse est libre en France. Et personne ne se prive de critiquer Nicolas Sarkozy, c'est même un de ceux qui l'est le plus. Enfin, comme dans toute démocratie qui se respecte, la séparation des pouvoirs existe en France entre pouvoir législatif, confié au parlement, pouvoir exécutif, confié au gouvernement, à la tête duquel se trouve un chef d'État et / ou de gouvernement et pouvoir judiciaire, confié au juge.

Nicolas Sarkozy n'est pas Napoléon III, ni le diable, c'est juste un homme politique libéral de droite. On peut voir dans cet article un symptome bien français: celui de voir l'envie de richesse et de réussite comme quelque chose de nécessairement négatif et suspect, au contraire de la pensée anglo saxonne qui met cela en valeur. Notons ici que cet article du Guardian londonien est écrit par une journaliste française qui y travaille.  Attendons maintenant de voir ce Nicolas Sarkozy va faire, et sans être obligé de partager ces idées (oui nous sommes encore en démocratie), laissons lui au moins le privilège d'être vu comme le démocrate qu'il est, et non comme un petit dictateur... (source, courrier international du 12 au 18 juillet 2007, article d'Agnès Poirier du Guardian)
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Publié dans LA POLITIQUE

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