De Villepin mis en examen dans l'affaire Clearstream...
Il est bien loin le temps où Dominique courait torse nu sur la plage de la Baule en pleine popularité. C'était en septembre 2005. Moins de deux ans après, c'est la déconfiture la plus totale pour l'ex Premier ministre qui n'a guère loisir d'oublier la politique.. Il a en effet été mis en examen aujourd'hui par les juges de l'affaire Clearstream avec interdiction de rencontrer les principaux protagonistes du dossier dont Jacques Chirac . Il est toutefois autorisé à se déplacer librement. L'ancien Premier ministre a nié avoir participé à une "quelconque manoeuvre politique", annonçant qu'il faisait appel du contrôle judiciaire qui lui impose en outre une caution de 200.000 euros. M. de Villepin, arrivé à 09H40 au pôle financier, de retour de vacances en Polynésie française, est resté moins d'une heure au pôle financier, refusant de répondre aux questions des magistrats dans l'attente de "prendre connaissance du dossier". Ceux-ci l'ont mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". A sa sortie, M. de Villepin a affirmé qu'"à aucun moment", il "n'avait demandé d'enquête sur des personnalités politiques" ni "participé à une quelconque manoeuvre politique", ayant agi "pour faire face à des menaces internationales" et de nature "économique". "C'est strictement dans ce cadre que j'ai agi, c'était mon devoir comme ministre (...) je me battrai pour que dans le cadre de l'instruction, la vérité puisse enfin apparaître".Il est soupçonné d'avoir participé à une conspiration visant à déstabiliser l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, partie civile dans ce dossier depuis janvier 2006. Le nom de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, est mentionné dans des listings de l'organisme financier Clearstream. Un "corbeau" les avait envoyés anonymement au juge Renaud van Ruymbeke en 2004, accompagnés de lettres. De nombreuses personnalités y étaient accusées d'avoir perçu des pots-de-vin sur la vente de frégates à Taïwan en 1991. Le magistrat a démontré que ces documents avaient été trafiqués. La publication en mai 2006 de premières notes du général Philippe Rondot, témoin capital qui a tout consigné dans des fiches personnelles, suggérait déjà une implication de Dominique de Villepin mais aussi de Jacques Chirac.
Dominique de Villepin avait déjà été entendu 17 heures en décembre 2006. Il avait alors écarté toute responsabilité. Mais la révélation fin juin de notes informatiques inédites du général Rondot, qui pensait les avoir effacées, a relancé l'affaire. Jean-Louis Gergorin, l'expéditeur des courriers anonymes (ex-vice-président d'EADS et ami de M. de Villepin), a affirmé aux juges la semaine dernière que c'est bien à la demande de celui-ci qu'il avait décidé de "saisir" un juge, sur "instruction" de Jacques Chirac. L'interdiction faite à M. de Villepin de le rencontrer, souligne son implication potentielle dans le dossier. Cependant l'ancien chef de l'Etat a déjà fait savoir qu'il ne pourrait répondre à une convocation des juges se retranchant derrière l'immunité liée à sa fonction présidentielle. Dernière info importante: Gergorin a certifié que l'ancien ministre avait cru, comme lui-même, à l'authenticité des listings. La position de M. de Villepin qui dit avoir agi en tant que ministre est d'importance car seule la Cour de justice de la République (CJR) CJR peut juger les anciens ministres pour des faits commis dans le cadre de leurs fonctions. La suite au prochain numéro... (source AFP)
REACTIONS A LA MISE EN EXAMEN DE DOMINIQUE DE VILLEPIN: En visite à Libreville, le président Sarkozy n'a fait aucun commentaire. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a souhaité "que la justice puisse le plus rapidement possible donner le fin mot" de l'affaire. Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a jugé que M. de Villepin devait bénéficier de "la présomption d'innocence"...
Hollande qui n'est d'ailleurs pas rancunier. Souvenez vous, il s'était fait traité de lâche par Villepin lors d'une séance anthologique à l'assemblée nationale...
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