Jospin: faites ce que je dis, pas que ce que je fais...

Publié le par Valentin


Dans son livre L'impasse, dont Libération publie aujourd'hui les bonnes feuilles, Lionel Jospin estime que la candidate socialiste battue à la présidentielle «n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques pour espérer gagner la prochaine présidentielle». Voilà donc des critiques qui paraissent surprenantes venant d'un homme qui n'a lui même pas été capable de mener son Parti au 2nd tour en 2002! Est-ce de l'aigreur, un problème personnel avec Ségolène Royal? En tout cas, les socialistes ne semblent pas soutiennent Jospin dans son entreprise de démolition...

 

Ainsi, pour François Hollande, l'échec face à Nicolas Sarkozy, troisième défaite présidentielle socialiste consécutive, est collectif. «Si nous n'avons pas été compris des Français, c'est parce que nous n'avons pas été suffisamment précis, concrets, rectifie l'ancien compagnon de Ségolène Royal. Nous n'avons pas saisi ce qui était attendu de nous, nous n'avons pas été suffisamment convaincants les uns et les autres.» Et de tenter d'apaiser le climat : «Je suis déterminé avec tous les socialistes dans un esprit d'unité à faire en sorte que nous ne passions pas toujours notre temps tournés vers le passé».

Arnaud Montebourg, ancien porte parole de Royal pendant la campagne présidentielle a été plus virulent... Selon lui, l'élimination de Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002 devrait inciter ce dernier «à plus de modestie, de délicatesse dans la critique (...) Nous pourrions retourner à Lionel Jospin, qui est un des nos grands sages, un certain nombre de critiques». Gilles Savary, qui fut également porte-parole de la candidate socialiste, a jugé que cet ouvrage «déshonore» Lionel Jospin et représente «une offense aux 16,7 millions de Français qui ont voté pour Ségolène Royal au 2ème tour. (...) Il est inspiré à l'évidence par une haine irrationnelle sur fond de rancœur personnelle.»

Enfin, parmi les parlementaires réunis par François Hollande, certains déplorent ouvertement cette charge jospinienne. «Si tous les mois, on remet un euro dans la machine, on ne va pas s'en sortir. C'était une parole qui était attendue, elle est connue. Ce n'est pas Ségolène Royal seule qui explique qu'on ait perdu. Si on devait s'arrêter à cela, ce serait une contribution incomplète», a estimé Benoît Hamon, secrétaire national du PS. «La rénovation du parti, ce ne sont pas seulement des règlements de compte entre amis, des amertumes qu'on ressasse», a réagi le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, en regrettant que ces «polémiques»«facilitent pas le travail des socialistes».

Une chose est sûre: ce n'est pas en se tirant dans les pattes que les socialistes réussiront à tirer les leçons de leur défaite et à se rénover. Et si la rénovation commencait enfin par des idées au lieu de querelles de personnes enfantines et sans intérêt?

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Publié dans LA POLITIQUE

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