Monténégro: un journaliste tabassé quitte le pays...

Publié le par Marie-Valentine

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Le journaliste Tufik Softic du quotidien la Republika et de la radio locale de la ville de Berane (nord) affirme avoir pris la décision de quitter son pays après son passage à tabac, le 1er novembre 2007, par deux hommes aux visages masqués. Il avoue ne plus avoir le courage de continuer à exercer son métier de journaliste dans un contexte aussi dangereux.

L’agression a eu lieu à Berane, devant son domicile alors qu’il sortait de son véhicule. Sa fille l’a retrouvé gisant au sol. Des médecins ont déduit de l’examen de ses blessures que les agresseurs étaient armés d’objets en fer et en métal. Cet avis a été confirmé par la police qui a retrouvé, sur le lieu de l’agression des armes fabriquées à partir de câbles téléphoniques. Les agresseurs ne lui ont rien volé et ne lui ont pas adressé la parole.


Tufik Softic avait reçu des menaces trois ou quatre mois avant son agression. Il traite dans ses articles de la corruption au Monténégro et de l’implication de certains membres du gouvernement dans des affaires de pots-de-vin. Il dénonçait également le trafic de cocaïne et l’impunité dont jouissent les trafiquants dans le pays. La police enquête sur l’agression du journaliste en élaborant une liste de suspects à partir de ses articles.

Il s’agit de la seconde agression de journaliste monténégrin en deux mois. Zeljko Ivanovic, rédacteur en chef du quotidien Vijesti l’un des plus importants journaux de la région avait été agressé le 1er septembre. Il avait alors déclaré que le commanditaire était le Président de la République, Milo Djukanovic et accusé d’encourager ce type de criminalité au Monténégro.

Un autre journaliste, Dusko Jovanovic rédacteur en chef et directeur du quotidien Dan, avait été assassiné vendredi 28 mai 2004 devant le siège du journal à Podgorica, capitale monténégrine. Le journal Dan avait alors affirmé que Dusko Jovanovic, dont le procès n’est toujours pas résolu, avait reçu de nombreuses menaces de mort. Dan a été lié à plusieurs affaires de justice. Son directeur, ancien député du parlement monténégrin, avait souvent été très critique envers la coalition au pouvoir dirigée par le premier ministre du Monténégro, Milo Djukanovic, qui lui avait intenté un procès ainsi qu’au journal.

Le Monténégro à la 59e place du classement mondial de la liberté de la presse connaît une nette dégradation de la liberté de la presse depuis le meurtre de Dusko Jovanovic en 2004.
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