Des manifestants anti-Poutine frappés et arrêtés

SAINT-PETERSBOURG, Russie (Reuters) - La police anti-émeute russe a frappé des militants d'opposition et procédé à une cinquantaine d'arrestations dimanche à Saint-Pétersbourg avant une manifestation contre le président Vladimir Poutine, a rapporté un journaliste de Reuters.
Les arrestations ont eu lieu alors que des militants quittaient les locaux du parti libéral Iabloko dans le centre de la deuxième ville de Russie. Les policiers ont frappé une dizaine de personnes à la matraque avant d'en faire monter une cinquantaine dans des autobus.
"C'est très agressif. Je ne comprends pas pourquoi ils font cela", a déclaré à Reuters Nikita Belykh, dirigeant de l'Union des forces de droite (SPS). La police a aussi tenté d'arrêter Belykh, mais il a présenté des documents d'identité montrant qu'il était candidat aux élections législatives du 2 décembre et il est resté libre.
Des adversaires de Poutine ont prévu de participer dimanche à une marche dans le centre de Saint-Pétersbourg. Les autorités n'ont pas autorisé cette marche et les rues du centre-ville sont bloquées par la police anti-émeute. La marche est organisée par L'Autre Russie, mouvement anti-Kremlin dont font partie les partis Iabloko et SPS.
Selon L'Autre Russie, Poutine foule aux pieds les droits fondamentaux ainsi que la liberté de la presse depuis son arrivée au Kremlin en 2000. Alexandre Chouchev, porte-parole de la branche locale du parti Iabloko, a dit avoir été frappé par des policiers en cours de détention: "J'ai été passé à tabac quand ils m'ont arrêté. Ils ont aussi battu d'autres personnes sous mes yeux."
Samedi, l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov, dirigeant de L'Autre Russie, a été arrêté à Moscou avec plusieurs autres protestataires alors qu'ils manifestaient contre le chef du Kremlin. Le parti de Kasparov estime aussi que la formation Russie unie (pro-Poutine) est avantagée dans la perspective des élections du 2 décembre.
Poutine, qui jouit d'une forte popularité en Russie, cédera l'an prochain son fauteuil présidentiel après deux mandats consécutifs de quatre ans au Kremlin. Mais l'ancien officier du KGB a exprimé l'intention de continuer à jouer un rôle politique dans son pays. Il sera en tête de liste de Russie Unie aux législatives, que cette formation devrait remporter haut la main.