Honduras: assassinat d'un journaliste...

Publié le par Marie-Valentine

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Reporters sans frontière exprime son indignation après l'assassinat par balles de Carlos Salgado, journaliste satirique de la station Radio Cadena Voces (RCV), le 18 octobre 2007 à Tegucigalpa. Plusieurs employés de cette radio, connue pour ses positions critiques à l'égard du gouvernement, ont récemment reçu des menaces.


"L'assassinat de Carlos Salgado confirme la détérioration de la liberté de la presse au Honduras (87e dans le classement mondial de Reporters sans frontières). Le climat de plus en plus exécrable entre le gouvernement de Manuel Zelaya et les médias contribue, hélas !, à cette situation. Nous attendons des autorités, que nous ne saurions rendre directement responsables de la mort du journaliste, une élucidation rapide de l'affaire. Nous les appelons également à faire preuve de davantage de tolérance face aux critiques des médias", a déclaré l'organisation.

Carlos Salgado, connu sous le surnom de "Haricot noir le terrible" ("Frijol el terrible"), qui est également le titre de son émission d'humour et d'informations, est sorti des locaux de RCV dans l'après-midi du 18 octobre. Alors qu'il s'apprêtait à traverser, deux inconnus à bord d'une camionnette ont ouvert le feu à sept reprises dans sa direction, le tuant sur le coup.

Selon Dagoberto Rodríguez, le directeur de RCV, Carlos Salgado, très populaire, n'avait manifestement reçu aucune menace de mort. "On ne peut pas désigner de responsables, mais il ne faut pas oublier que la relation entre Radio Cadena Voces et le gouvernement est conflictuelle", a-t-il déclaré. Dagoberto Rodríguez a indiqué à Reporters sans frontières que la radio était manifestement visée.

Certains journalistes de RCV ont signalé à l'organisation avoir fait l'objet d'intimidations diverses et de menaces de mort. Le journaliste Edgardo Escoto a reçu, il y a un mois, un appel menaçant sur son portable, alors qu'il couvrait un enterrement. "Si tu continues à faire chier, nous allons t'enterrer comme ça", l'a averti son interlocuteur.

En septembre dernier, le Président a annoncé à Carolina Torres, correspondante de RCV au siège de la présidence, qu'il ne lui accorderait plus d'interviews. "Vous passez votre temps à me critiquer. Si j'étais Hugo Chávez, il y a longtemps que j'aurais fait fermer cette radio", a-t-il déclaré.

Le gouvernement a récemment accusé les propriétaires des médias de faire du chantage pour obtenir des faveurs publiques, sans donner plus de précisions sur la nature de ce "chantage". Les médias ont reproché à Manuel Zelaya ses fréquents voyages et ses tentatives de contrôle de la presse. De nombreuses affaires de corruption ont été également révélées par voie de presse, ce qui a coûté une tentative d'assassinat et une supension d'émission à Geovanny García, journaliste de la chaîne de télévision Canal 13, le 7 septembre dernier. (source RSF, www.rsf.org)
 
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