Avancées dans l'enquête sur l'attentat contre Benazir Bhutto...

Publié le par Valentin


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Trois personnes ont été arrêtées samedi au Penjab, une région du sud du Pakistan, connue pour être un foyer d’extrémistes. Ils seraient liés à à un véhicule que la police pense avoir été utilisé jeudi soir par l'un des assaillants qui a lancé une grenade sur le convoi de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, de retour d’exil. Cette grenade a provoqué un mouvement de panique qui a certainement permis à un kamikaze d'approcher plus facilement le camion blindé de l'ex-Premier ministre et déclencher sa bombe d'environ 30 kg d'explosifs et bourrée, selon la police, de billes d'acier et de clous.
 
Si l’ex-chef de gouvernement a réchappé de l’attentat, il a fait au moins 136 morts dans la foule venue l’accueillir. Les trois suspects disposeraient d'informations cruciales, selon l'un des principaux responsables de l'enquête. Ils ont été amené à Karachi pour y être interrogés.
 
Pendant ce temps, la colère gronde dans le pays. Des partisans du Parti du peuple pakistanais (PPP) ont commencé à lancer des pierres et brûler les pneus dans plusieurs quartiers de Karachi. A Lyari, un des bastions pro-Bhutto de Karachi, 14 personnes ont été blessées par balles au cours d'un affrontement entre partisans et rivaux du PPP.
 
Le mystère demeure sur les commanditaires de l’attentat. Bhutto et ses partisans pointent du doigt certains éléments au sein du gouvernement. L’ancienne premier ministre a évoqué al-Qaïda et les talibans, mais aussi «les dignitaires de l'ancien régime du général Zia qui sont aujourd'hui derrière l'extrémisme et le fanatisme». Une allusion aux proches du général Mohamad Zia ul-Haq, dirigeant militaire du Pakistan de 1977 à 1988, qui renversa le père de Benazir, Zulfiqar Ali Bhutto, avant de le faire exécuter en 1979. Le fils du général Zia, Ijaz-ul Haq, est quant à lui actuellement ministre des Affaires religieuses.
 
Benazir Bhutto répète inlassablement que «seule la démocratie peut sauver le Pakistan de la désintégration et de la prise du pouvoir par les extrémistes». Elle continue en sous-main à négocier un accord de partage du pouvoir avec Musharraf, dans une sorte d'alliance contre l'extrémisme qui aurait la bénédiction de Washington. Un accord avec Musharraf qui pourrait lui porter préjudice, on pourrait lui reprocher son manque d'indépendance... Une chose est sûre: elle ne pourra pas chanter "dehors Musharraf" comme elle l'avait fait avec un précédent général lors de meetings au Pakistan! (source, Le Figaro et Le Monde)
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Publié dans LE MONDE

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