Fermeture d'un journal pro-kurde...

TURQUIE
FERMETURE VOLONTAIRE D’UN JOURNAL PRO-KURDE EN SIGNE DE PROTESTION CONTRE LES PRESSIONS POLITICO-JUDICIAIRES
Les journalistes de Gündem ont décidé, le 19 décembre 2007 de fermer leur journal en signe de protestation contre les pressions politico-judiciaires qu’ils subissent. Le 16 décembre, environ cent cinquante personnes ont manifesté, dans une ville proche d’Istambul contre les fermetures répétées du quotidien kurde, Gündem. Le même jour, un numéro du journal avait été entièrement imprimé en noir, titré “Non à la censure”. Une pétition contre la fermeture du journal a également été mise en ligne sur le site internet du journal.
“Nous sommes indignés par le muselage de la presse kurde en Turquie. Laisser s’exprimer une organisation telle que le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), jugée terroriste par la Turquie, dans son journal ne veut pas dire en être complice”, a déclaré Reporters sans frontières.
Le 14 novembre, le journal avait été suspendu pour un mois pour la quatrème fois par le tribunal d’Istanbul. Gündem avait publié un article de Murat Karayilan, leader du PKK, intitulé “Laissez nous devenir populiste, laissez nous gagner”. Le rédacteur en chef avait déclaré qu’il n’y avait “plus de justice” en Turquie. Gündem avait déjà été victime de mesures de suspension d’un mois en octobre, de quinze jours en juillet et en avril, et de 30 jours en mars.
Sept journaux kurdes ont été fermés en deux mois en Turquie. Le quotidien Gerçek Demokrasi est le septième journal kurde suspendu sur décision judiciaire pour « propagande pro-PKK » (Parti des travailleurs du Kurdistan) depuis le mois d’octobre 2007. Le 21 novembre, le tribunal d’Istanbul a ordonné sa suspension pour un mois.
L’article 6 du code pénal, proposé par le président Ahmet Necdet Sezer, permet la fermeture de journaux sur demande du Procureur de la République pour “publication d’articles incitant au crime ou diffusion de publicité pour une organiosation terroriste”. Un juge doit ensuite décider dans les vingt quatre heures s’il confirme, ou non la décision du procureur général. (source RSF)
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